Alfred Sirleaf is punished for educating Liberians: In a country where newspapers are a luxury for the minority that can actually read, citizen of capital Monrovia Alfred Sirleaf came up with a novel way to bring the news to the locals. Every morning he would enter the wooden shack that he called the newsroom and started sketching the day’s top stories on a rotating blackboard.
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Sorry, I could not get any photo of Alfred Sirleaf.
Making do with limited tools such as a 70s dictionary donated by a diplomat, he would craft his front page and then turn it around to face pedestrians and drivers. He, who has no formal journalism training, says: “Poverty dominates this country but that doesn’t mean that people don’t want to know what’s going on”.
However, despite being popular with the locals, the wartime authorities shut him down. During Liberia’s civil war Sirleaf was seen as a powerful tool and after one particular critical cartoon in 2000, he was attacked by government soldiers who tore his clothes off and smashed his shack to pieces causing him to flee to Ghana. Now back in Liberia just in time for the first post-war elections Sirleaf is hopeful about the future: “There are more good people than bad people in Liberia. It’s time for the good people to win.”
A Monrovia, Alfred Sirleaf réalise chaque jour un journal mural, le Daily Talk, sur l’actualité politique. Une pratique courageuse qui lui a valu d’être pourchassé.
A priori, la craie est une substance inoffensive. Et pourtant, entre les mains d’Alfred Sirleaf, les autorités libériennes y ont vu une arme mortelle. De quoi justifier de le passer à tabac, de le promener nu dans les rues et finalement de le contraindre à l’exil pendant la guerre civile du Liberia. Dans un pays où les journaux sont un luxe, Sirleaf tentait de mettre l’information à la portée du plus grand nombre par des dessins humoristiques et des manchettes. Tel était son crime. Tous les matins, il ouvrait la porte de la bicoque en bois qu’il appelait la rédaction et commençait à inscrire les nouvelles du jour sur un tableau noir pivotant. Vérifiant l’orthographe des mots dans un dictionnaire des années 1970 que lui avait donné un diplomate, il composait soigneusement la une du Daily Talk, puis tournait le tableau noir en direction des piétons et des conducteurs, dans cette rue défoncée de Monrovia.
Le pouvoir en place n’a pas apprécié son succès populaire et l’a obligé à mettre la clé sous la porte. Mais, après deux années de paix, Sirleaf a décidé qu’il pouvait rentrer dans son pays et assister aux premières élections de l’après-guerre au Liberia.
Ainsi, à l’heure où une ancienne star du football et une économiste se disputaient la présidence, Sirleaf enchaînait les éditions pour informer les habitants de son quartier, trop pauvres pour acheter un quotidien ou même pour posséder une radio.
“Je veux éduquer les Libériens, explique-t-il. Le plus important, c’est de rester neutre, même s’il y a toujours des gens pour vous accuser d’avoir du parti pris. Ainsi, pendant cette élection, le fait d’avoir le même nom que l’un des candidats m’a fait du tort.” Son homonyme, Ellen Johnson-Sirleaf, a fait ses études à Harvard. C’est elle qui a remporté la présidentielle, devenant la première femme chef d’Etat en Afrique. Pour Sirleaf, la corruption est au cœur du problème : il va garder l’œil sur la nouvelle équipe gouvernementale pour s’assurer qu’elle ne met pas la main sur les ressources du Liberia (caoutchouc, or, diamants), comme l’ont fait les précédentes.
Sirleaf a eu des ennuis par le passé, quand il a critiqué les dépenses somptuaires du gouvernement. En 2000, il a fait un dessin de Charles Taylor, le chef de guerre qui était alors président, où on le voyait distribuer de l’argent à tort et à travers dans une boîte de nuit tandis que les gens mouraient à l’extérieur. Peu après, des soldats sont arrivés chez lui en Jeep, lui ont déchiré ses vêtements et l’ont fait marcher jusqu’au palais présidentiel couvert d’une simple ardoise. Les sbires de Taylor ont ensuite détruit sa maison et il a dû s’enfuir au Ghana. Aujourd’hui, il est de nouveau chez lui, plein d’espoir pour l’avenir. “Il y a plus de braves gens que de gredins au Liberia, assure-t-il. Il est temps que les braves gens aient le dessus.”
Claire Soares – (Voir vox dei ).